Achats

Achats & Blockchain : comment sécuriser un écosystème grâce à une technologie distribuée ?

Pour penser et accompagner la transformation du métier, la digitalisation de la fonction achats/supply chain s’avère plus que jamais incontournable. En effet, digitaliser les opérations à faible plus-value – type tâches administratives – permet de concentrer l’effort des acheteurs/assistants achats sur la véritable création de valeur : sourcing, assortiment, négociation…

Si certains outils comme les ERP, automatisant certaines tâches, le SRM ou les marketplaces ont déjà une place de choix dans le quotidien des décideurs, d’autres, comme les Data Analytics, l’intelligence artificielle ou encore la Blockchain ne semblent pas encore parfaitement intégrées à la roadmap technique.

La traçabilité offerte par cette dernière peut pourtant rendre de grands services aux fonctions achats/supply. Grâce à sa technologie de stockage et de transmission de données à la fois transparente, fiable et sécurisante, la Blockchain peut permettre aux acheteurs de gagner en agilité et en simplicité, tout au long du processus d’achat. Gestion des appels d’offres, relation fournisseurs, contractualisation… Le tout administré sans organe central de contrôle.

1er Enjeu : Accessibilité et durabilité des matières premières

Dans un contexte de pénurie imminente des ressources naturelles non renouvelables, les entreprises sont de plus en plus vulnérables dans leurs achats de matières premières. Pour ne pas courir au-devant de crises majeures d’approvisionnement, la solution est claire : elles vont impérativement devoir changer leurs modes d’achats pour sécuriser leurs commandes tout en tenant compte des nouvelles règles imposées par la RSE.

Traçabilité et contrôle des processus industriels

Nous assistons aujourd’hui à la transformation de la fonction achat avec l’essor de la dimension « qualité et pérennité ». En d’autres termes, l’acheteur calcule désormais son prix d’achat comme une action d’investissement pondérée par un taux de réutilisation. Ces nouvelles considérations alimentent le cercle vertueux de l’éco-conception : la matière recyclée se substitue à de nouveaux achats et contribue à développer les filières de recyclage en les réintégrant au cycle de fabrication. La traçabilité et le contrôle des process industriels deviennent alors cruciaux : en plus de garantir la valeur du produit fini, ils permettent de tracer sa matière pour la récupérer et la réutiliser.

Une notion parfaitement illustrée dans l’industrie du prêt-à-porter : la Blockchain constitue une solution idéale de traçage du produit à toutes les étapes du processus (extraction de la matière première en gisement, modifications, conception, mise en vente et même retour client pour l’upcycling jusqu’à la remise en fabrication en usine). Ce modèle est profitable à l’ensemble de la chaîne logistique, puisqu’il assure un suivi infaillible du producteur au client.  Un argument particulièrement intéressant en production « BtoC » : chez H&M, il permettrait le suivi des vêtements retournés en magasin pour recyclage des fibres ou encore, chez Hermès, le suivi des « chutes » de cuirs réutilisées à la faveur d’une collection dédiée RSE.

La transparence, l’authenticité, la fiabilité et l’intégrité des vêtements, ainsi que la validité du produit fini sont garanties. Une traçabilité aussi vertueuse qu’efficace de l’intégralité des éléments de la chaîne d’approvisionnement.

Smart contracts

La puissance de la Blockchain réside aussi dans la possibilité de sécuriser le transfert d’informations fournisseurs : en permettant la gestion des paiements sans intermédiaire, elle atténue significativement les facteurs de risque. Après l’actuelle phase d’incubation, elle pourrait rapidement devenir une solution d’e-achat, alternative et stratégique.

Demain, un Trustpilot® BtoB ?

La Blockchain, grâce à son répertoire massif d’informations fournisseurs, peut constituer un véritable registre d’avis d’acheteurs sur les entreprises internationales. On peut alors imaginer consulter les notes des fournisseurs en local, sur l’ensemble des critères (livraison, S.AV. etc.), sans crainte de biais ou de conflit d’intérêt. Ce « Ranking Import » déployé à grande échelle permettrait d’accélérer significativement le time to market grâce à une prise de décision guidée plus rapide, sans nécessité de déplacement systématique « in situ » pour l’acheteur.

 

Enjeu 2: Limitation des phénomènes de fraude

En plus de fragiliser la posture des entreprises en matière d’approvisionnement, la tension importante qui pèse sur les relations fournisseurs accentue la fraude sous toutes ses formes (contrefaçon, vols, concurrence déloyale, vente en directe par les fournisseurs, etc.). Un phénomène qui accroît le climat de défiance et corrompt la confiance de tous bords.

La technologie Blockchain est née d’une volonté essentielle de s’affranchir des dérives des marchés dérégulés et internationalisés qui favorisaient les intermédiaires, les marges cachées et donc une certaine opacité. En favorisant une économie durable et circulaire, elle peut s’inscrire dans une démarche RSE éthique et vertueuse. De fait, elle constitue un tiers neutre, public et fiable pour le répertoriage des données. Dans cette logique de transparence exigeante, chaque entrée est non modifiable et consultable par tous et en tout temps.

La Blockchain appliquée à lutte contre la fraude

En offrant la possibilité de générer des certificats digitaux, la technologie Blockchain est un allié de taille pour enrayer la contrefaçon et améliorer l’expérience client chez les maisons de luxe. En effet, en plus d’offrir un canal de communication client/marque privilégié, le certificat digital permet une authentification simple, rapide et sans équivoque du produit, tant pour la première acquisition que pour une éventuelle revente. En cas de perte ou de vol du bien, le produit est assuré et garanti, les autorités sont notifiées dès saisie dans le registre.

Si la Blockchain est un outil puissant de digitalisation du secteur, elle reste avant tout un moyen. La responsabilité de l’utilisateur consiste à s’assurer de l’exactitude de l’information saisie pour que la Blockchain déploie tout son potentiel. Ainsi, ce n’est pas la mise en place technologique de la solution (gratuite et ouverte, de surcroît), qui constitue le principal défi pour l’implémentation de la Blockchain, mais bien l’organisation humaine et la gouvernance associée, au sein de l’entreprise, pour s’assurer de l’intégrité des données saisies.

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Au-delà des aspects purement techniques et organisationnels, l’adoption du système Blockchain est un véritable projet de transformation nécessitant une posture d’ouverture et de transparence, vis-à-vis de partenaires externes à l’entreprise. Les acteurs doivent se montrer confiants à l’idée de collaborer avec un écosystème pluriel- qu’ils ne maîtrisent pas-  pour s’assurer l’atteinte de leurs objectifs.

En définitive, il ne s’agit pas tant d’un projet technique d’implémentation d’une base de données que de la création d’un réseau d’acteurs business partageant des intérêts communs et s’appuyant une technologie distribuée. La confiance reste le premier « outil » de la Blockchain.

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