RSE

Anti-gaspi : Zoom sur 9 best practices de retailers.

66% des Français pensent que les distributeurs doivent être les premiers concernés par la lutte contre le gaspillage et la limitation des déchets (BVA 2019).  Pour les enseignes alimentaires françaises, cet objectif est même devenu une nécessité depuis l’entrée en vigueur de la loi Garot, le 11 février 2016, qui leur impose de gérer et de valoriser les invendus alimentaires. Une première mondiale!

Comment réduire efficacement le gaspillage tout en optimisant ses performances ? Maestis a voulu faire le point sur 9 initiatives retail qui permettent à chaque fois de limiter les déchets, chiffres à l’appui.

Carrefour fait la chasse aux emballages plastiques de ses produits 

En 2019, Carrefour a amorcé un nouveau chantier : réduire le plastique de ses emballages. Pour ce faire, les packagings de ses produits MDD ont été examinés à la loupe; l’enseigne au losange a ensuite activé plusieurs leviers : 

  • Les fruits et légumes Bio ne sont plus systématiquement sur-emballés, une étiquette beaucoup plus petite remplace désormais le film qui recouvrait intégralement ces produits bruts. 
  • La fenêtre en plastique de nombreuses références (fournitures scolaires, jouets…) a tout simplement disparu. 
  • Pour certains emballages, le matière plastique a été remplacée par d’autres matériaux plus vertueux : le carton ou le tissu pour certains jouets. 
  • Enfin, pour réduire les emballages plastiques des rayons traditionnels (charcuterie à la coupe, boucherie, traiteur…) le distributeur a généralisé la tare sur ses balances en magasin. Les clients peuvent donc venir avec leur propre contenant pour éviter de sur-emballer les produits frais. 

Résultat de ces efforts: le groupe avance avoir supprimé plus de 1 100 tonnes de plastique de sa marque propre en un an sans alourdir ses coûts.

 

Auchan crée des “rayons anti-gaspi”

Auchan va généraliser les rayons “anti-gaspi” dans ses magasins. Dans les 120 points de vente déjà réimplantés, l’enseigne nordiste revendique une baisse de “la casse” de 20 %. Sa méthode? Les références dont la date limite de consommation (DLC) est proche sont vendues à prix réduits. 

Le dispositif va s’étendre à l’ensemble de ses points de contact d’ici la fin de l’année 2021. Avant lui, d’autres distributeurs, dont E.Leclerc, avaient déjà structuré une telle démarche via des prestataires comme Phenix par exemple. Ces entreprises se concentrent sur la logistique des produits dont la DLC approche à grands pas (stickage promotionnel, appli pour les vendre, organisation de la logistique pour le don aux associations afin de leur faire bénéficier d’un crédit d’impôt de 60 %, etc.).

 

Intermarché invente le marketing du moche 

L’enseigne du groupement des Mousquetaires a redonné ses lettres de noblesse aux fruits et légumes moches! L’initiative, savamment relayée par la communication, permet de vendre ponctuellement des fruits et légumes hors calibres selon les arrivages avec, le plus souvent, une remise de 30 % par rapport aux prix de vente des produits standards. L’occasion pour l’enseigne de valoriser, en plus, des soupes et des jus réalisés avec ces produits loin des diktats… imposés à l’origine par la grande distribution. 

Comme Intermarché, Monoprix et Auchan ont, sur le même principe, mis en avant la marque des Gueules cassées, imaginée par Nicolas Chabanne, le fondateur de C’est qui le patron. Elle permet la commercialisation ou la transformation de produits qui évitent ainsi la case poubelle.

Toutefois, l’exercice est difficile, et ces initiatives sont souvent des échecs… Les consommateurs restent frileux et préfèrent encore très majoritairement les fruits calibrés à l’aspect « parfait ». Le calibrage qui avait, au départ, une fonction de normalisation de l’agro-alimentaire a forgé les attentes du consommateur. Face à ce désamour des consommateurs, plusieurs enseignes (dont Auchan) ont totalement arrêté leur démarche.

De la même manière, la réorientation vers une transformation dégradée (soupe, jus, céréales…) n’est pas rentable, les « fruits de table », même moches, s’avérant plus coûteux à ramasser et à transporter que ceux cultivés à cet effet. Les initiatives adossées aux AMAP, aux ventes locales, aux cantines, pourraient donner de nouvelles opportunités de débouchés aux distributeurs imaginatifs.

 

Ikea et Monoprix font fi des prospectus

L’enjeu est considérable, quand on sait que 20 milliards de prospectus atterrissent dans les boîtes aux lettres des Français chaque année ! Les distributeurs font beaucoup de tests pour réduire la voilure de ces catalogues. A ce jour, seules des enseignes urbaines, qui, de fait, avaient des difficultés à atteindre les boîtes aux lettres des citadins ont assumé d’arrêter complètement la diffusion de ces imprimés. 

A la rentrée 2020, Ikea a ainsi assuré qu’elle n’enverrait plus son catalogue annuel, toujours disponible en ligne. Dans l’alimentaire, Monoprix, Franprix et quelques magasins isolés (Auchan, Intermarché…) ont également décidé d’arrêter la diffusion des prospectus, toujours disponibles sur leur site et en magasins. Des solutions digitales (bannières, appli mobiles) viennent en renfort pour continuer de communiquer à leur clientèle.

Toutefois, l’impact tant écologique qu’économique reste à démontrer. Selon une étude d’octobre 2020 (certes réalisée par Quantis, pour la Poste…), les prospectus papier auraient un impact environnemental plus faibles que leurs homologues numériques. Quant à leur efficacité sur le trafic, si les tests locaux ont permis, en quinze ans, une bascule de quelques pourcents des investissements vers le numérique, l’absence de généralisation démontre qu’ils n’ont pas été assez concluants pour orienter vers un parti-pris plus radical…

Là encore, le dosage et la qualité d’exécution permettent seuls, de tirer son épingle du jeu.

 

Cdiscount traque les cartons… et le vide

C’est un défi de taille, pour le deuxième e-commerçant français. Afin de réduire leur empreinte carbone, les colis de plus de 30 kilos ne disposent plus de suremballage. Cette annonce phare révèle, en amont, une mécanisation de la préparation des commandes. Pour les plus volumineuses (30 kgs ou plus) les machines CVP de Neopost scannent les articles pour découper le carton selon leur taille. Par ce biais, la part du “vide”, qui représente jusqu’à 60 % des colis de l’e-commerce et le carton utilisé sont considérablement réduits. L’e-marchand s’est, en parallèle, orienté vers des transports plus écologiques (train, ferroutage, conteneur…). Grâce à ses efforts, l’enseigne de Casino dit avoir économisé près de 2 millions de kilomètres en 2018 et réduit de 30 % le nombre de ses camions sur les routes.

 

Delhaize réduit ses déchets alimentaires en structurant des partenariats

En 2011, Delhaize a lancé son projet Zero Food Waste. Le principe : en identifiant et en collaborant avec des associations, les magasins belges ont pu s’organiser pour mettre sur pieds un don régulier, en structurant aussi et surtout la logistique de ces dons. Au total, 145 associations caritatives ont été identifiées pour gérer la seconde vie des produits présents dans les linéaires des magasins du groupe Delhaize. 

Plutôt astucieux, puisque les tonnes de déchets sont, sinon, facturées aux magasins. Certains points de vente du groupe complètent ce dispositif par leur présence sur des applications mobiles qui luttent contre le gaspillage alimentaire comme Too good to go ou  

Happy Hours Market, un foodtruck bruxellois réfrigéré qui mitonne les invendus et les commercialise. 

Le pain des magasins est récupéré par des fermes pour nourrir leur bétail. Cet aliment participe aussi au breuvage local, la bière, puisqu’il est offert à des brasseurs. Ces initiatives s’inscrivent dans le “Lion’s Footprint” qui vise à réduire le plastique, le gaspillage alimentaire et les émissions de CO2.

 

Des fournisseurs, des énergies et des packagings plus vertueux chez Walmart

Nom de code du projet: Gigaton. Car le but est bel et bien de diminuer d’un milliard de tonnes les émissions de gaz à effet de serre de Walmart entre 2017 et 2030. Le numéro 1 mondial de la distribution alimentaire a pour cela enjoint à ses fournisseurs de l’accompagner dans sa démarche. 

En deux ans, les industriels collaborant avec l’enseigne ont déjà évité grâce à leurs efforts (logistique, transport, meilleures performances énergétiques…) 93 millions de tonnes d’émissions de gaz. De son côté, Walmart s’est engagé à présenter en rayon, dès 2025, des emballages à 100% «recyclables, réutilisables et compostables» sur ses références vendues en marque propre, ainsi que 20% de contenu recyclé (packagings et produits). A l’autre bout de la chaîne, il revendique avoir également réussi à détourner des poubelles 81 % de ses déchets. Enfin, l’entreprise avance que 25 % de ses besoins en électricité sont fournis par des énergies renouvelables (avec un objectif de 50 % en 2025).

 

Aux Etats-Unis, Kroger défie ses fournisseurs et ses chefs de rayon de “cibler, mesurer et agir”

Le distributeur alimentaire Kroger a mené pendant les deux dernières années, une analyse complète visant à détecter les moments précis où sont générés ses déchets et mesurer leur quantité. Pour freiner cette production indésirée, l’enseigne de Cincinnati prévoit d’automatiser ses systèmes de commande en magasin notamment pour les zones de produits frais, où la « casse » est la plus importante. 

La direction interpelle aussi ses partenaires industriels : en 2030, 20% d’entre eux auront réduit de moitié leur propre gaspillage alimentaire avec cette même stratégie synthétisée en trois verbes : cibler, mesurer, et agir. Depuis le début de ce plan en 2018, les déchets auraient diminué au total de 27 %, selon Kroger.

 

En Colombie, Exito mise sur la formation pour réduire au maximum les pertes 

En Colombie, Exito (filiale de Casino) et sa fondation ont inscrit, dans leur politique RSE, l’engagement de lutter contre la malnutrition infantile. Ils ont ainsi bâti un programme concernant principalement les produits frais. 

Le distributeur s’engage à aider des groupes d’agriculteurs qui sont en surproduction et prend en charge la logistique du don jusqu’à des associations identifiées qui luttent contre la malnutrition. En parallèle, ces cultivateurs sont sensibilisés afin d’éviter la surexploitation. En 2016, plus de 3 000 tonnes de denrées alimentaires provenant de cultures agricoles ont ainsi pu bénéficier, à l’autre bout de la chaîne, à 43 100 familles, selon Exito. 

En point de vente, le magasin tente également d’éviter les pertes sur ces denrées fragiles. Les salariés des zones « frais » sont ainsi formés à la manipulation de ces produits et des défis internes sont mis en place, avec affichage des résultats auprès des employés et récompenses, pour réduire les déchets. Les viandes, les volailles et le poisson devenus impropres à la vente sont envoyés pour être transformées en compost. Toujours selon l’intéressé, cette initiative a permis de réduire les invendus de ses rayons de près de 10 % et les déchets d’au moins autant.

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